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GALERIE ET FORUM

Jeudi 2 mars 2006

       La reconnaissance de l’aquarelle comme une technique picturale reste aujourd’hui très aléatoire.

       En effet elle est souvent apparentée à une esquisse, une étude, non reconnue comme une réalisation pure d’une œuvre artistique et ceci de tout temps.

       On ne peut croire que l’homme de néanderthal, aussi primitif soit -il, et préoccupé par la survie de son espèce avant  tout, ait pu s’intéresser  à l’œuvre majeure.

Néanmoins, la projection  de sa salive, mélangée à de la terre (des ocres) contre  sa main posée sur les parois de son habitation n’en est pas moins l’origine fondamentale  de la figuration picturale.

       Ces prémices sensitifs sont les reflets des correspondances entre nos aspirations et notre instinct.

       On  est cependant sûr que les origines  véritables de l’aquarelle  , sans doute les plus anciennes retrouvées aujourd’hui,  sont égyptiennes, d’environ 3500 ans avant JC.

       Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ses origines datent  de bien avant l’apparition du papier.

       Des papyrus peints avec des couleurs transparentes faites avec des pigments minéraux  et végétaux en sont la preuve flagrante  et ont passé ainsi les siècles , et sont dans un  état de conservation  impressionnant….

       La Gomme arabique issue de la sève d’acacia ( espèce d’origine africaine ) en est le liant principal  ou quelquefois l’albumen(blanc d’œuf ou plasma etc..)

       Ces liants permettent les liaisons des grains de pigments entre eux et leur solubilité dans l’eau.

 

        Jusqu’au Moyen-Âge (11ème siècle) en Occident, on utilisait pour les miniatures , des pigments et un mélange d’albumen et de blanc de céruse, qu’on apparente aujourd’hui à l’aquarelle opaque ou « tempéra » ou détrempe (car soluble à l’eau), en fait, la gouache.

        Albrecht DURER  fut l'un  des premiers occidentaux à occuper une place importante dans sa création à l’aquarelle et qui reste encore aujourd’hui la référence d’une parfaite maîtrise technique.

        Malgré cela l’aquarelle reste encore sous-estimée et très peu considérée,  un auxiliaire à la technique noble : l’huile ou la «  pâte » prime … que dire de l’acrylique symbolisant la révolution chimique…

        ( Paul Pierre RUBENS, dans son atelier d’Anvers, donnait ses repères à ses assistants  par ses aquarelles pour la mise en place de ses œuvres, qu’ils exécutaient  rigoureusement  charge  à lui de les achever ).

          Enfin  au XVIII ème siècle grâce au docteur Monro, à Londres, se créait une école d’art déterminante  dans l’histoire de l’aquarelle, la première Académie d’aquarelle au monde.

          Si les Anglais ont joué un grand rôle dans la reconnaissance de cette technique, avec des maîtres comme TURNER, CONSTABLE, entre autres, elle laisse à penser un certain puritanisme  ou néoclassicisme  inhérent de par son occidentalité profonde sans ouverture sur le monde.

          L’aquarelle n’est-elle pas pourtant l’outil du parfait voyageur, peintre du XXème siècle, aventurier du monde,

          Combien de carnets de voyage ?

          Combien de reportages sur ces ébauches aquarellées ?

          Qui est donc TITOUAN LAMAZOU ?

          Cela va sans nous rappeler cette passion fulgurante des impressionnismes pour l’orientalisme  les estampes figuraient  et transportaient  leurs exigences vers cette pureté du tracé et de l’émotion.

 

          Aujourd’hui, encore, avec les moyens à la disposition de tous les plasticiens l’aquarelle semble rester à l’écart de toute évolution  comme une technique difficile par sa simplicité.

          Il n’en pas moins vrai que si l’on ne s’y penche pas plus aisément en parcourant cette fluidité dans le travail, ses accidents contrôlés, son éternel recommencement, cette incroyable facilité qui lui vaut d’être une des techniques d’apprentissage de la couleur les plus utilisée.

 

 

 

Par jean michel - Publié dans : Aquarellus
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